Centre d'Étude du Futur

VitruveLe Centre d’Étude du Futur (C.E.F.) a pour finalité d’étudier l’homme dans sa globalité.

À l’idéologie purement matérialiste transhumaniste, visant une Humanité augmentée par la technologie (H+), le C.E.F. oppose une pensée globale de l’Homme, visant l’intégration  progressive de toutes les dimensions de son être (physique, psychique, sociale, spirituelle et éducationnelle) permettant le déploiement plénier de son Humanité (+H). Ce surcroît d’Humanité en l’homme lui permettra d’appréhender à sa juste valeur le progrès exponentiel de la technologie et d’utiliser celle-ci dans le respect de sa propre nature.  En savoir plus ...

 

Derniers articles

  • Pièges

                                                          Pièges

               

                Pauvres de nous les « chiens-de-charrette! Voilà bien une expression populaire qui n'a plus cours. Pourtant, celle-ci fut en vogue durant de longues années.

    Elle signifiait que l'on avait à subir une épreuve. Mais, les mots suscitaient des sourires entendus: avant tout, il s'agissait d'une plaisanterie. Seuls, les vieux ouvriers ne riaient guère. Eux avaient connu cette époque où régnaient des conditions d'existence très dures. Et, en ce temps-là, le sort des humbles approchait celui des bêtes.

     

                Une charrette se tractait avec l'homme entre les brancards, et un ou deux chiens sanglés au garrot. Les petits légumiers, laitiers, charbonniers, chiffonniers, ... ne pouvaient s'offrir les services du cheval. Le chien par contre, s'achetait pour un prix moindre, mangeait n'importe quoi, dormait à même le sol. Son aide s'avérait précieuse quand on exerçait le métier d'ambulant.

    L'homme et l'animal peinaient de concert, aux seules fins de transporter un modeste mais pesant négoce. Car on chargeait au maximum, évitant ainsi d'inutiles voyages en réapprovisionnement. L'équipage avançait donc avec difficulté, dans un tintamarre d'enfer. Les roues cerclées de métal se mouvaient sur des pavés inégaux, parmi des rues défoncées, escarpées, interminables.

    Longues aussi étaient les journées, et le parcours devenait plus pénible encore quand survenaient le gel ou la canicule. Tant d'efforts cependant, ne procuraient que peu de profit. Lorsque des pauvres ont d'autres miséreux comme clients, ils peuvent tout au plus assurer leur survie.

     

                L'évolution scientifique et sociale, transforma la charrette en élément de notre folklore. Un camion, une camionnette se montraient des outils autrement performants, beaucoup plus rentables. En outre, le petit commerce péréclita, au bénéfice des magasins. Il y eut bien quelques irréductibles de la « carriole-à-chien » qui s'obstinèrent. Mais, les amis des animaux protestèrent vigoureusement. A leur demande, une loi fut votée. Les attelages canins devinrent prohibés.

    Disparurent de nos villes, ces chiens haletants, épuisés qui, parfois, agonisaient dans le caniveau sous les yeux des passants.

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  • Srî Aurobindo ou le « Posthumanisme Supramental »

    Srî Aurobindo ou le « Posthumanisme Supramental »

     

    Le grand mérite du Transhumanisme est de forcer l’Homme à s’interroger, à frais nouveaux, sur sa nature, sa destinée, et sa responsabilité dans son devenir. Il avait cru, jusqu’à présent, pouvoir définitivement se ranger dans la catégorie des « êtres de finitude », sans s’interroger sur l’instance qui, en lui, le définit ainsi et l’enchaîne aux limites spatio-temporelles de la matière et de la raison pure, quand elle ne l’identifie pas simplement à un animal politique, à peine plus évolué que son cousin, le grand singe. Mais voici que le Transhumanisme, à la faveur du progrès technologique et de la révolution NBIC, reconduit l’esprit de l’homme à ses attentes les plus folles et ses espérances les plus anciennes, comme celle de se faire l’égal de Dieu ou celle d’une éternité corporelle possible, comme dans l’épopée de Gilgamesh ou dans le dogme chrétien de la Résurrection de la chair. Tendu asymptotiquement vers cet Absolu, l’homme n’a eu de cesse, tout au long de son Histoire, de faire « descendre » au sein même la matière cette Idée suprasensible, en des rites et des organisations sociales censés s’ajuster au plus près de cette Intuition première, de nature transcendantale.

    Mais qu’est-ce donc cette intuition fondamentale, cette exigence première de la pensée humaine, que ni la raison pure, ni le développement exponentiel de la Science Moderne, n’ont pu éradiquer de l’esprit de l’homme ? Nul ne le sait. Et nul ne le prend réellement au sérieux, si ce n’est pour le critique et évoquer immédiatement l’hybris grecque. Pourtant, comme le signalait Gilbert Hottois, le processus d’hominisation est traversé par un « vecteur d’abhumanité » qui préside à son déploiement et son évolution. Il se présente comme une dynamique interne à l’Humain qui oriente son devenir vers une « sortie » de sa finitude, en direction d’une Humanité « plus qu’humaine », un « trans-humain », un « post-humain ».

    C’est en ce sens que le transhumanisme nous oblige à reconsidérer la notion de « finitude » pour notre Humanité et à réintégrer cette Idée folle d’une éternité possible, même pour la Matière. Mais force est de constater qu’il n’est que peu de philosophes en Occident, et même de théologiens pourtant familiers de l’idée de la Résurrection de la Chair, pour prendre au sérieux cette Idée qui pourrait être, en définitive, une authentique révélation de la nature même de la Matière et de sa destinée ultime. Revisiter cette hypothèse fondamentalement chrétienne et la présenter comme l’ultime alternative plausible à la visée transhumaniste, voilà ce qui me semble impératif pour notre temps. Car il est inimaginable que l’Homme reste en l’état dans les siècles et millénaires à venir. Son évolution se poursuivra inéluctablement. Il nous faut donc penser son devenir.

    Afin de repenser cette thèse chrétienne, nous allons faire un détour par l’Inde et découvrir un penseur, Srî Aurobindo, qui partage une thèse assez semblable. Ce que l’Occident chrétien n’ose plus penser, enfermé dans le paradigme matérialiste, l’Inde mystique le pressent dans son expérience et sa réflexion spirituelle. Pour le comprendre, il nous faudra d’abord considérer très succinctement les différents yogas de la tradition hindoue dont Aurobindo fera la synthèse. Ensuite, nous présenterons ce que l’auteur appelle l’Être Supramental, et que j’ai nommé « le Posthumain Supramental ». Enfin, nous terminerons par quelques remarques en forme de conclusion.

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  • Société Liquide

    De la Postmodernité à la «  Société Liquide »

    Avant-propos

    Nous présentons ici divers “billets” d'Humeur, où la Colère, le Dépit et la Tristesse peuvent prendre le masque de la farce. De l’Humour aussi. Les virages, sans crier gare d’un plan de réalité à un autre, ordonnés par l’exercice choisi, à savoir de vision «kaléidoscopique », peuvent importuner certains lecteurs attachés à la présentation classique propre aux articles de réflexion. 

    Rappelons qu’il s’agit ici simplement  de «  billets » d’Humeur; «Castigat ridendo mores » comme on le lisait sur la toile du Théâtre d’Arlequin.  "C’est par le rire que l’on corrige les mœurs".

    Nous y embarquons également des vignettes d’Histoire contemporaine mettant en relief les changements intempestifs qui se succèdent aujourd’hui dans la vie courante et dans les médias et qui ne manquent pas de nous interpeller.

    Face à des situations qui varient chaque jour, nous sommes amenés à jongler avec des évènements  d’intérêt tantôt planétaire, tantôt local qui émergent à un moment donné et qui par après,  s’écoulent aussi vite qu’ une vague chasse l’autre à la surface de ce que, il y a peu, l’on appelait «  la Société postmoderne » ou mieux encore, avec Marc Augé, l’ère de la « Sur-modernité ».

    Pourquoi ne pas parler plutôt avec le philosophe et sociologue Zygmunt Bauman du passage à la « Société Liquide ».  Vu l’importance croissante des thèses de ce dernier et de leurs prolongements, il nous a paru utile d’y consacrer un article de réflexion.

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  • Futur vers le retour

                « -Que sont les pieds? »

    Comme d'habitude, le sous-officier avait hurlé les mots. Mais, cette fois-ci, le sens de la phrase m'échappait, et je ne devais pas être le seul à m'étonner. Tous affichaient cependant une impassibilité de marbre. Miliciens appelés à « servir la patrie », nous tenions un garde-à-vous rigide, impeccablement alignés dans cette cour de caserne.

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  • Le don et l'harmonie (deuxième partie)

             L'hôtel Fairmont étale son grand luxe sur les hauteurs de San Francisco. Un cadre prestigieux, dans lequel se déroula, en septembre 1995, une conférence particulièrement discrète. Derrière ces murs, s'étaient rassemblées les 500 plus grandes sommités internationales, provenant d'horizons très divers.

    Le monde politique se voyait largement représenté. Et quelques tribuns-vedettes tels Margaret Tatcher, George Bush père, Mikhaïl Gorbatchev, attiraient tous les regards. Mais la finance, la science, les multinationales, l'industrie, présentaient aussi nombre de célébrités.

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  • Le don et l'harmonie (première partie)

                Lorsqu'il perçut la présence de l'homme, le chevreuil se figea aussitôt. Trop tard! La flèche l'atteignit en pleine poitrine, produisant un son mat. L'animal vacilla un instant, comme s'il tentait de rétablir son équilibre, mais ses pattes se dérobèrent. Étendu sur le sol, quelques soubresauts l'agitèrent, avant l'immobilité définitive.

    Le chasseur, s'approcha d'un pas silencieux. Puis, un genou en terre, il s'inclina sur sa proie, tendit le bras jusqu'à toucher les poils drus. Alors, il prononça les paroles rituelles « Pardonne-moi de t'enlever ainsi à la vie. Mais, les miens ont besoin de viande pour éloigner la maladie et la mort ».

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  • Texte de la conférence Robots armés

    Conférence de D. Lambert

    "Les robots armés"